"Pourquoi Haïti compte" selon Obama

Sous l'impulsion de Barack Obama, les Etats-Unis ont pris le leadership de l'aide internationale à Haïti. Après un premier petit moment de flottement juste après l'annonce du tremblement de terre, le président américain a largement rectifié le tir et a déployé les grands moyens, civils comme militaires, pour secourir les rescapés, assurer la sécurité et préparer la reconstruction. Malgré quelques petits couacs d'organisation avec d'autres pays -comme celui de ce week-end avec la France à l'aéroport de Port-au-Prince, cette intervention américaine, en phase avec les promesses de campagne de Barack Obamapromettant une nouvelle approche avec le reste du monde, est saluée à l'étranger. Est-ce le cas auxEtats-Unis ? Pour l'instant, en l'absence de sondages sérieux, difficile de se faire une opinion. 
Quoi qu'il en soit, afin de préparer le terrain à de longues semaines de présence sur place -et donc de dollars dépensés-, le locataire de la Maison-Blanche a semble-t-il voulu prendre les devants face à d'éventuelles critiques. Via une longue tribune, intitulée "Pourquoi Haïti compte", il s'exprime, de manière inhabituelle pour un président desEtats-Unis, dans le magazine Newsweek pour argumenter sa décision.

"Les Etats-Unis prennent les devants et viennent en aide"

"C'est une scène horrible de vies bouleversées dans une nation pauvre qui a déjà tant souffert", écrit le président américain, avant de détailler le dispositif dont il a ordonné le déploiement -équipes de sauveteurs, armée, vivres, hôpital flottant... Il cite ensuite trois raisons concrètes pour intervenir : "Nous agissons pour le bien des milliers de citoyens américains qui vivent à Haïti et pour leurs familles restées à la maison, (...) pour le bien du peuple haïtien (...) et car nous avons de forts liens avec un voisin qui se trouve à seulement quelques centaines de kilomètres au sud"- une forte communauté haïtienne est installée aux Etats-Unis.
 

Barack Obama donne ensuite une raison plus abstraite mais qu'il qualifie de bien plus importante : "lorsque survient une tragédie, les Etats-Unis prennent les devants et viennent en aide. C'est ce que nous sommes. C'est ce que nous faisons". Et de citer la reconstruction après la Seconde guerre mondiale ou plus récemment, celles de la Bosnie et du Kosovo. "Quand nous ne montrons pas seulement notre pouvoir, mais aussi notre compassion, le monde nous regarde avec un mélange de respect et d'admiration. Cela conforte notre leadership", souligne-t-il.
Avec le monde 
Enfin, pour bien montrer qu'il veut se veut différencier de la démarche unilatéraliste de son prédécesseur George W. BushBarack Obamaaffirme que cet "effort humanitaire" se fera en coordination avec les autres nations, l'Onu et lesONG. En conclusion, il souligne que les Etats-Unisvont "conduire le monde dans un effort humanitaire. Notre histoire est ainsi faite, et c'est ainsi que nous répondrons au défi qui nous fait face". Avec ces bonnes intentions, Barack Obama se met en conformité avec ses promesses de campagne face à l'opinion internationale, à laquelle la tribune de Newsweek est aussi adressée, puisqu'elle est publiée dans les éditions de l'hebdomadaire distribuées à l'étranger.
Les plus sceptiques rappelleront quant à eux une nouvelle fois que les services de l'immigration américains n'ont pas spécialement envie de voir déferler une vague de réfugiés haïtiens dans les semaines qui viennent. Et les plus cyniques feront remarquer qu'en plaçant les Etats-Unis à la pointe de l'intervention, Barack Obama place aussi les entreprises américaines en pole position lorsqu'il s'agira de négocier les contrats de reconstruction.

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